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Le ministre nigérian de l’Éducation présente en détail un système national de données couvrant plus de 200 000 écoles

Lors de son intervention à la conférence annuelle DHIS2 2026 à Oslo, le Dr Tunji Alausa a expliqué comment le système d’information de gestion de l’éducation « Digital Nigeria » a remplacé un processus fragmenté et basé sur le papier qui prenait autrefois près de deux ans pour produire des données exploitables.

23 Juin 2026 Information

Le ministre nigérian de l’Éducation, le Dr Maruf Tunji Alausa, a présenté le déploiement à l’échelle nationale d’un système de données sur l’éducation basé sur DHIS2 lors d’un discours prononcé en séance plénière à l’occasion de la conférence annuelle DHIS2 2026, qui s’est tenue à Oslo le 16 juin.

Avec une population estimée à plus de 240 millions d’habitants, le Nigeria est le pays le plus peuplé d’Afrique. Son système éducatif national est également l’un des plus vastes et des plus complexes d’Afrique, avec plus de 200 000 établissements scolaires répartis dans 36 États. Pour gérer efficacement un système d’une telle envergure, il faut disposer de données — ce qui constitue depuis des années un véritable défi pour le ministère nigérian de l’Éducation, en raison de la fragmentation des systèmes et des processus manuels.

« Le problème n’a jamais été le manque de données. Mais nous disposions de données fragmentées, obsolètes, difficiles à valider et rarement disponibles à temps pour étayer les décisions politiques, ce qui a entraîné d’importantes lacunes en matière de responsabilité. » – Dr Maruf Tunji Alausa, ministre nigérian de l’Éducation

Le ministre a cité le recensement scolaire annuel comme exemple. Auparavant, ces données étaient collectées manuellement auprès de chaque établissement scolaire à l’aide d’un formulaire papier de 16 pages. Le processus a duré près de deux années complètes, de la collecte de données à leur analyse, ce qui signifie que le rapport qui en a résulté était déjà obsolète au moment où il a été achevé. Son format statique rendait également difficile toute analyse détaillée, ce qui limitait son utilité pour la prise de décision.

La solution apportée par le Nigeria à ce défi est le système d’information de gestion de l’éducation « Digital Nigeria » (DNEMIS), basé sur DHIS2.

« (DNEMIS) est bien plus qu’une simple plateforme logicielle. Il s’agit pour nous d’un changement transformateur au sein du système éducatif nigérian. C’est un outil de réforme nationale visant à renforcer la gouvernance de l’éducation. » – Dr Tunji Alausa

Le Dr Tunji Alausa, au centre à droite, en compagnie de Kristin Braa, directrice du Centre HISP, au centre à gauche, ainsi que de représentants de l’Unicef Nigeria, du ministère norvégien des Affaires étrangères et de l’université d’Oslo. (Photo : UiO)

La numérisation au service de la transparence, de la responsabilité et de l’amélioration des résultats scolaires

Les lacunes en matière de données au Nigeria ont rendu encore plus difficile la réponse à plusieurs défis systémiques persistants. Par exemple, le Dr Tunji Alausa a fait remarquer que le Nigeria se trouvait dans une « situation peu enviable », celle de compter un nombre exceptionnellement élevé d’enfants non scolarisés, qu’il a estimé entre 15 et 17 millions au total.

« Lorsqu’on parle de données, une vision directrice repose sur la visibilité, qui est le point de départ de la responsabilisation », a-t-il déclaré. « Notre réforme repose sur un objectif simple mais profond. Lorsque les données sont correctement gérées et utilisées de manière responsable, elles deviennent l’un des outils les plus puissants pour transformer la prestation des services publics. »

Tunji Alausa a présenté une formule en quatre points expliquant comment la visibilité peut constituer le point de départ de la responsabilisation au sein du système éducatif nigérian :

  • Chaque école devrait être visible
  • Chaque apprenant doit être pris en compte
  • Chaque enseignant devrait être connu
  • Chaque intervention doit faire l’objet d’un suivi

Désormais, grâce à cette plateforme unifiée, les acteurs concernés par le secteur de l’éducation ont accès à des données en temps quasi réel sur les établissements scolaires, les élèves et le personnel, ce qui leur permet de mener une gestion et une planification fondées sur des données concrètes.

Le Dr Tunji Alausa a souligné plusieurs caractéristiques qui font de DHIS2 un outil particulièrement adapté au programme DNEMIS, notamment sa flexibilité en matière de paramétrage local et ses capacités de collecte de données hors ligne, qui, selon lui, constituent un atout précieux dans un pays où de nombreuses écoles ne disposent pas d’accès à Internet. Il a ajouté que la capacité de DHIS2 à fournir une structure de données commune était également importante, car elle offre un « langage commun » entre les niveaux local, régional et fédéral, ce qui permet aux gouvernements régionaux de s’approprier la collecte de données scolaires et leur facilite la transmission de ces données au ministère fédéral — contrairement aux systèmes fragmentés du passé.

« Grâce à DNEMIS… nous avons désormais démocratisé nos données sur l’éducation. » – Dr Tunji Alausa

Le ministre a remercié l’équipe de l’UNICEF au Nigeria, le Centre HISP de l’Université d’Oslo, HISP Nigeria et le réseau HISP pour leur soutien et leur collaboration, qui ont permis d’assurer le succès de ce système.

Pour en savoir plus sur DHIS2 pour l’éducation.