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Le Kenya met en place le système DHIS2 dans le cadre d’un programme de soins ophtalmologiques axé sur les cas individuels

Un atelier de trois jours organisé à Kisumu a réuni des prestataires de soins ophtalmologiques des secteurs public et privé afin de mettre au point un programme DHIS2 Tracker permettant de suivre chaque patient ophtalmologique, du dépistage jusqu’au traitement.

10 Août 2026 Information

Le ministère de la Santé du Kenya, avec le soutien de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), de Peek Vision et de la Fondation Fred Hollows, a organisé un atelier multipartite de trois jours à Kisumu, au Kenya, afin d’aligner le SGIS du pays dans le domaine des soins ophtalmologiques sur les nouveaux indicateurs de l’OMS relatifs à la déclaration des cas. M. Yury Rogachev, consultant au Centre HISP, et le Dr Wouter De Groote, conseiller technique de l’OMS, ont fait une présentation lors de l’atelier et se sont rendus dans divers établissements de la région du bassin du lac afin d’accompagner l’équipe du ministère de la Santé tout au long de ce processus.

Le Kenya est le premier pays à avoir aligné un programme de soins ophtalmologiques axé sur les cas dans DHIS2 sur les nouveaux indicateurs de l’OMS, et le premier des deux pays participant à une nouvelle initiative du Centre HISP visant à élaborer une boîte à outils mondiale et des recommandations de mise-en-œvre pour les programmes de soins ophtalmologiques axés sur les cas.

Yury Rogachev, consultant au Centre HISP, s’adresse aux participants à l’atelier organisé à Kisumu, en août 2026. (Photo par HISP UiO)

Alors que les rapports agrégés se concentrent sur les services fournis par un établissement, un programme basé sur DHIS2 Tracker suit chaque patient depuis le dépistage et le diagnostic jusqu’à l’orientation vers un spécialiste, le traitement et le suivi, ce qui permet d’identifier à quel moment les patients abandonnent le parcours de soins, plutôt que de se contenter de recenser le nombre de personnes prises en charge.

Ce type de suivi est déjà utilisé dans la région. Le ministère de la Santé du Rwanda utilise un système de suivi ophtalmologique au sein de son instance nationale DHIS2 pour suivre les patients depuis leur enregistrement jusqu’à leur orientation vers une intervention chirurgicale. En quatre ans, ce système a permis d’enregistrer plus de 360 000 enregistrements, 60 000 orientations et 18 000 interventions chirurgicales, tout en améliorant la qualité des données ophtalmologiques.

Les bases de ce travail au Kenya ont été posées au fil de plusieurs années. Les États membres de l’OMS ont adopté en 2020 la résolution WHA73.4 relative aux soins ophtalmologiques intégrés centrés sur la personne ; la liste des indicateurs de soins ophtalmologiques de l’OMS a suivi en 2022, et une collection de métadonnées DHIS2 destinée à l’établissement de rapports agrégés sur les soins ophtalmologiques et audiologiques a été publiée en 2023. Le rapport basé sur des cas concrets constitue la prochaine étape de cette évolution.

Le Kenya est bien placé pour remporter ce titre. Dans le pays, les soins ophtalmologiques sont dispensés à la fois par des établissements publics et par un réseau de cliniques et d’hôpitaux ophtalmologiques privés et confessionnels, qui traitent tous les patients sur place et proposent des services de proximité. Les cas détectés en milieu communautaire seront enregistrés dès lors qu’ils auront fait l’objet d’un dépistage ou d’une évaluation par les professionnels de l’établissement et qu’ils auront été orientés vers un traitement, de sorte que le premier contact et la prise en charge qui s’ensuit soient consignés sous la forme d’un parcours de soins unique dans le système d’information sanitaire du Kenya (Kenya Health Information System), l’instance nationale DHIS2, plutôt que dans des flux de déclaration distincts.

Le Dr Wouter De Groote, conseiller technique de l’OMS (à droite), examine les registres des soins ophtalmologiques de l’établissement avec le responsable clinique de l’hôpital du sous-comté de Yala, en août 2026. (Photo par HISP UiO)

Le programme kenyan innove en matière d’harmonisation des indicateurs et s’inscrit dans la continuité des travaux antérieurs menés dans la région en matière de soins ophtalmologiques, axés sur des cas concrets. Le ministère de la Santé du Rwanda a intégré un outil de suivi des mouvements oculaires dans son instance nationale de DHIS2 et l’a déployé à l’échelle des établissements publics et privés, afin de l’utiliser pour l’enregistrement des patients, la gestion des orientations vers des spécialistes et le suivi des opérations de la cataracte. D’ici 2024, le ministère a fait état de plus de 360 000 inscriptions de patients, 60 000 orientations vers des spécialistes et 18 000 interventions chirurgicales sur quatre ans, ainsi que d’une amélioration de la qualité des données ophtalmologiques. Le programme rwandais a été mis en place avant que la liste des indicateurs de l’OMS n’existe ; les travaux menés au Kenya permettront de vérifier dans quelle mesure un programme de soins ophtalmologiques axé sur les cas s’inscrit dans le cadre de ces nouveaux indicateurs.

Le Kenya étant le premier pays à avoir mis en place un programme s’appuyant sur les nouveaux indicateurs de l’OMS, cette expérience contribuera à définir les prochaines recommandations mondiales de l’OMS et du DHIS2 relatives à la mise-en-œvre de programmes de soins ophtalmologiques axés sur les cas.

La mise-en-œvre de ce programme au Kenya sera soutenue par HISP Kenya, notamment par le biais d’un accompagnement technique local et de formations destinées au ministère de la Santé, qui contribueront à la transition vers une prise en charge entièrement locale du système.

Les équipes souhaitant en savoir plus sur ces indicateurs, envisageant de mettre en place un programme de soins ophtalmologiques axé sur les cas concrets ou utilisant des dossiers médicaux électroniques alimentant un registre ophtalmologique fiable sont invitées à contacter notre équipe à l’adresse post@dhis2.org.